Habitat

Emplacements

Le trait original du groupement rural (dans la région limousine), c'est le peuplement en hameaux et non en fermes isolées comme tant d'autres pays cristallins. Il y a dispersion non des habitations, mais des agglomérations. La commune de St Maurice présente ce type d'habitat.

Quelles causes ont donc déterminé l'emplacement des lieux habités ? La nature du sol ? La présence de l'eau ? Elle est partout. La configuration du sol ? On trouve des hameaux orientés dans toutes les directions, sur les hauteurs, dans les fonds, sur des terrains plats, à flanc de coteau. La proximité d'une voie de communication ? L'examen de la carte permet cette dernière hypothèse. Dans les parties sud et est de la commune, les villages sont situés de part et d'autre de l'ancienne route de Limoges à la Souterraine qui fut probablement la voie romaine de Breith à Rancon. Dans les parties nord et est, ils sont placés sur une ligne voisine de la voie romaine de Breith à Poitiers. Seuls, le bourg, les villages de Lavaud, la Grande Vallade, la Bachellerie et le Dognon sont construits à l'écart de ces deux voies. Le bourg est à peu près placé au centre de la commune et compte aujourd'hui un peu plus de 300 habitants. Le reste de l'habitat est dispersé sur l'ensemble du territoire et compte pas moins de 48 villages. Les villages, nous les appelons ainsi en qualifiant St Maurice la Souterraine de bourg alors que c'est lui le village dont dépendent nos 48 hameaux, mais c'est ainsi dans une grande partie du Limousin et les appeler ainsi fait partie de nos coutumes.

Aspect du bourg

En 1825, le bourg comprenait les maisons construites autour de la place de l'église, les maisons bâties dans l'angle des chemins du Couret Farioux et de Bois et le groupement de la Terrade distant de 150 m du bourg.
Plus tard à partie de 1832, en bordure de la route nationale 142 nouvellement créée, des constructions se sont élevées. Elles ont formé jusqu'à près d'un kilomètre à l'ouest les groupements appelés "le peu de la Chine", nom patois ( en français, le peu de la chienne) et les Landes.
A partir de la moitié du 20ème siècle, les vieilles bâtisses s'agrandissent et de nouvelles maisons plus claires et plus gaies s'ajoutent aux anciennes.
A la fin des années 1990 et début des années 2000, le bourg de St Maurice, bénéficiant de l'attractivité des routes ( autoroute A 20 et RN 145), a connu un fort développement avec la construction d'environ 80 nouvelles maisons et logements permettant à une population jeune de s'installer sur la commune.
Le bourg comptait 26 maisons en 1687, 39 en 1828, 48 en 1851, 71 en 1936 et 160 aujourd'hui.

Aspect du Dognon

Trois étapes de formation ont fixé l'aspect du Dognon.
Du Moyen Age au XVIIème siècle, le village groupe autour du chemin de St Maurice à Lubignac ses vieilles maisons séparées par des ruelles et courtillages étroits . En septembre 1615, un terrible incendie détruit 80 maisons et granges. Seules trois ou quatre maisons ou granges furent épargnées.
Aux XVIIIème et XIXème siècles, le village s'étend, de chaque côté de la route royale terminée vers 1735. Les constructions sont plus importantes et plus dégagées.
Vers le milieu du XXème siècle, fuyant la grand route, le village s'est agrandi le long de la voie communale avec des maisons plus grandes et une école ( qui est transformée en logements depuis les années 1970).

Aspect des autres villages

Les autres villages de la commune se sont transformés à partir du début du XXème siècle, où les toits de chaume ont disparu.
On a élevé des constructions à étage, plus grandes et plus confortables, couvertes de tuiles ou d'ardoises. Beaucoup de granges ont été construites à l'écart des maisons d'habitation.


Evolution des constructions

Jusqu'au début du 19ème siècle, souvent les maisons d'habitation couvertes de paille ne comportaient qu'un rez-de-chaussée éclairé par d'étroites fenêtres avec une seule pièce qui servait à la fois de cuisine, salle à manger et chambre.
Dans notre région où le granit est très abondant, les maisons et granges étaient construites avec des murs en pierre épais et un mortier tuf mélangé avec de la chaux. L'épaisseur des murs variait entre 50 et 60 cm, voire plus pour les très vieilles constructions.
On trouve sur l'ensemble du territoire de la commune de nombreuses anciennes carrières de pierres et de tuf qui ont été exploitées au fil des siècles pour la construction de tout ce bâti traditionnel.
Aujourd'hui beaucoup de bâtiments anciens ont été rénovés en conservant leur style d'origine. Certaines granges n'ayant plus d'utilité pour l'agriculture ont été transformées en habitation.
Traditionnellement, la localisation du bourg et des villages découlait de la topographie, du climat, de la ressource en eau et leur organisation répondait à des impératifs de sécurité, de vie sociale et d'entraide.
Les constructions, serrées les unes contre les autres, épargnaient ainsi l'espace agricole, capital et principale source de revenus. L'architecture à base de matériaux locaux était simple et permettait des extensions.

La constitution du bourg répondait à des plans réfléchis, celle des villages était beaucoup plus spontanée. Dans tous les cas, habitat, activités agricoles, commerciales et artisanales vivaient en symbiose. Il en découlait une structure très groupée du bâti et une préservation des ressources locales.
Au cours des cinquante dernières années, la disparition de très nombreuses exploitations agricoles, libérant ainsi du terrain, a permis la construction d'architectures banales qui se sont implantées de manière beaucoup plus libre, provoquant parfois un éparpillement peu esthétique et consommant beaucoup d'espaces agricoles.
Les matériaux traditionnels trop onéreux à mettre en oeuvre ont cédé la place aux parpaings et au béton.

Les constructions d'aujourd'hui, de plain-pied, s'implantent sur des parcelles plus grandes, 800, 1 000 m² et parfois beaucoup plus. De nos jours, plusieurs villages n'ayant plus d'exploitations agricoles, se sont développés de façon importante. C'est le cas pour les villages du Bost, du Pommier, du Cerisier et de Lerchy.

Les villages

L'Age Troinet, la Bachellerie, Balenton, la Bauche, Bois, les Bordes, Bordessoule, le Bost, le Brajaud, le Cerisier, le Chaussat, la Clairière, les Combes, la Côte, le Couret-Farioux, la Croisière, le Dognon, la Faye, les Forges, les Fougères, Fressanges, Gacheny, le Grand-Beissat, le Grand-Couret, la Grande Vallade, la Jarrige, Lascoux, Lavaud, Lerchy, Maffe, la Maisonette, le Merle-Blanc, le Mont, le Moulin des Fougères, le Petit Beissat, le Pommier, la Porte, le Puy Robin, le Puy Rollet, Puyresson, le Queroy, la Ramade, Rissac, la Saumagne, les Tilleuls, la Tuilerie, la Vallade de Bordessoule, le Verger, Vitrat

Toponymie (extrait de la monographie de St Maurice la Souterraine de René Chatreix)

Nous indiquons seulement les étymologies paraissant sûres, classées suivant les périodes adoptées par l'ouvrage d'Auguste Longnon.
origines ligures
la Bauche

origines présumées ibères
la Jarrige, lieu implanté de chênes. Formé sur le nom commun garric, chêne.

origines gallo romaines
Bessac. Formé sur le nom Bessius, dérivé probablement de Bessus, qui a donné Bessacium.
Rissac. Formé sur le nom de Riccius qui a donné Ricciacum.
Vitrac. Formé sur le nom de Victorius qui a donné Victoriacum.
L'origine gallo-romaine de Rissac et de Vitrac est, en outre, attestée par les découvertes archéologiques.

origines romaines
1- Désignation relative à la voie romaine : Le Chaussat. Du bas-latin calceata, synonyme de strata, "voie gallo-romaine, couverte de pierres". Calceata est un mot nouveau de la fin de l'époque franque "qui doit correspondre à un nouveau type de route carolingienne d'où la dalle était exclue et où la chaux jouait un rôle".
2- Désignation relative aux arbres : La Faye, lieu implanté de hêtres. Formé avec fagea, hêtre.

origines franques
Noms formés avec des noms communs de sites - Bois-le Bost.
Du bas-latin boscum, bois.
Puyresson, le Puyrobin, le Puyrollet. Puy vient du bas-latin podium.

origines ecclésiastiques
Saint-Maurice.

origines féodales (XIè-XVè siècles)
Désignation relative aux clôtures et au donjon du château
L'Age Troinet. Age vient du germanique haga, haie.
Le Dognon. De domnionem, donjon.

origines modernes
1- Désignation relative à une industrie - Les Forges. De fabrica, forge.

2- Désignation relative à des habitations rurales - Les Bordes, maison, métairie.
Bordessoules, maison isolée.
Chabannes-bertrand, nom primitif de La Maison-Rouge, la Clairière aujourd'hui. "Chabanne", petite habitation de terre, de bois.
Maffe. Formé avec mas, exploitation rurale.

3- Désignation relative au relief du sol - Les Combes, vallées, dépressions du sol.
La Côte. De costa, côte.
Lavaud. Du latin vallis, val, vallée.
Le Mont. De montis, mont.
Lascoux. De calma, plateau désert où l'on mène paître le bétail.

4- Désignation relative au règne végétal - Le Cerisier. De cerasus, cerisier.
Le Couret. De corylus, coudrier.
Le Pommier. De pomum, fruit.
Les Fougères. Du latin populaire filicaria, fougère.
Fressanges. De fraximus, frêne.

5- Désignation relative aux chemins
Le Queroy. De quadruvium, quatre chemins, carrefour.
Ainsi le classement des noms de lieux permet de dire que le territoire de la commune, habité dès l'époque préceltique (la Bauche, la Jarrige) a eu au moins trois lieux de peuplements gallo-romains (Bessac, Rissac, Vitrac) et des créations successives d'habitats à toutes les autres époques de l'histoire : franque, féodale et moderne.

Toponymie du bourg
Capellanus Sancti Maurici : XIVème siècle
Sanctus Mauricius : 1440-1475
Sainct-Maurice : 1492-1540
Sanctus Mauricius propre Subterraneam (proche de la Souterraine)
Au fil du temps, Saint Maurice
Plus tard, à l'exemple de toute la France, la commune de St Maurice se débarrasse d'un nom qui, par son origine religieuse, n'était plus conforme aux idées révolutionnaire de l'époque et s'appellera "Maurice la Montagne" de janvier 1794 à février 1795. Puis le nom redevient de nouveau " Saint Maurice" jusqu'en 1938, où le Conseil Municipal de l'époque rajouta le nom du chef lieu de canton. Saint Maurice devient Saint Maurice la Souterraine.

Evolution de la population



1793 : 1542 h
1800 : 1607 h
1821 : 1666 h
1831 : 1903 h
1836 : 1944 h
1841 : 2001 h
1846 : 2070 h
1851 : 2028 h
1856 : 2026 h
1861 : 1890 h
1866 : 1833 h
1872 : 1728 h
1876 : 1894 h
1901 : 1996 h
1906 : 1912 h
1911 : 2006 h
1921 : 1605 h
1926 : 1571 h
1931 : 1555 h
1936 : 1512 h
1946 : 1375 h
1954 : 1275 h
1962 : 1309 h
1968 : 1246 h
1975 : 1117 h
1982 : 1082 h
1990 : 1089 h
1999 : 1048 h
2006 : 1165 h
2012 : 1229 h
​2015 : 1268 h

Il n'existe pas de recensement de la commune avant la Révolution.